Friday, 25 May 2018

Place de l’Étoile : nos quartiers ne sont pas des objets spéculatifs !

Selon des informations parues hier sur wort.lu, l’Abu Dhabi Investment Authority (ADIA), fonds souverain appartenant à l’émirat du même nom, prévoirait la construction de centaines d’appartements « de luxe » et de locaux destinés à des « marques de luxe » sur la place de l’Étoile. Le projet empiéterait en partie sur l’espace public, exigeant la construction d’un tunnel sous le site pour la voirie et le tramway.

ADIA ne nie pas le caractère spéculatif de son projet. De fait, vu la hausse incontrôlée des loyers, il est aujourd’hui devenu plus rentable d’investir dans les logements locatifs haut de gamme que dans les bureaux.

déi Lénk Stad soutient une politique de planification urbaine durable, fondée sur la construction massive de logements locatifs accessibles à toutes les couches sociales et l’aménagement de quartiers denses et socialement mixtes, dotés d’espaces publics et de commerces de proximité.

Le projet présenté par ADIA est tout à fait le contraire de cela. Tout comme le centre commercial Royal Hamilius, une autre réalisation d’ADIA, il s’agit d’un ghetto pour réfugiés fiscaux et cadres supérieurs de passage. Et cette fois-ci, ce n’est plus un pâté d’immeubles, mais tout un quartier qui est devenu un objet spéculatif.

Pour déi Lénk Stad, il est inconcevable que la Ville de Luxembourg continue de confier le développement de notre ville à des promoteurs privés. Or, qu’ils soient luxembourgeois ou étrangers, ces derniers ont pour seul objectif la maximisation de leurs bénéfices, au mépris de l’intérêt général. Une telle politique est la négation même de l’idée de planification urbaine fondée sur l’intérêt du plus grand nombre.

Face à la pénurie criante de logements à Luxembourg-Ville, déi Lénk Stad demande que le Conseil échevinal :

refuse son concours au projet actuel d’ADIA, qui de surcroît empiète de manière inadmissible sur l’espace public ;

élabore un contre-projet prévoyant :

(-) soit, a minima, d’imposer à ADIA l’inclusion dans son projet (qui empiète sur l’espace public) d’un nombre significatif de logements abordables et de locaux pouvant accueillir des     commerces de proximité ordinaires, ainsi que le maintien des moyens de transport en surface ;

(-) soit, de préférence, le lancement d’une procédure d’expropriation pour cause d’utilité publique des parcelles appartenant actuellement à ADIA, en vertu de la loi pacte logement du 27 octobre 2008, et l’aménagement, sous la direction de la Ville du nouveau quartier (y compris de sa voirie) selon des critères d’intérêt général.

 

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